Le « gentil » Mac OS X contre le « méchant » Windows

Installation de Windows Vista sur Apple MacintoshC’est bien connu : le Mac, grâce à son Mac OS X, est la solution contre les récurrents plantage du PC classique, doté de Windows.

Cela fait maintenant un mois que j’ai quitté mon vieux PC et que j’utilise un Mac Intel avec un joli Mac OS X 10.5 Leopard. Et depuis le début, je découvre les innombrables plantages du Mac. En réalité, depuis plus de vingt ans que j’utilise des ordinateurs, c’est de loin la machine la plus instable qu’il m’ait été donné de travailler.

Mais trève de bavardage. Parlons concret !

Installation

Concrètement, donc, voici une capture (via mon téléphone portable, d’où la qualité médiocre de l’image) de l’un des premiers écrans d’installation du récent Mac OS X 10.5 Leopard :

Installation de Mac OS X Leopard

C’est l’une des premières boîtes de dialogue que l’on peut apercevoir suite à l’insertion du disque d’installation du nouveau système d’exploitation et après lui avoir demandé une réinstallation complète, y compris un formatage de disque. Comme cela est annoncé dès le départ, la procédure de réinstallation peut prendre jusqu’à deux heures. Toujours est-il que la légende de la barre de progression de cette installation était boguée tout au long de l’installation. Ici, au lieu d’afficher le temps restant, entre une et trois heures, on peut lire un très énigmatique :

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Avouez qu’en matière de première impression, on pouvait espérer mieux. L’installation s’est cependant correctement déroulée.

Souris et raccourcis clavier

Parmi les bugs que je rencontre de manière récurrente sur ce nouveau système d’exploitation, je noterai, parmi les plus gênants :

  • un blocage du « bouton principal » (aussi qualifié bêtement de « bouton gauche » partout ailleurs que sur le Mac) de la souris BlueTooth Mighty Mouse ;
  • un blocage de la souris BlueTooth Mighty Mouse.

Ces deux défauts sont relativement fréquents, alors qu’aucun obstacle n’obstrue le chemin entre l’ordinateur et la souris, que les environs ne sont pas engorgés d’appareils BlueTooth, ou encore que les piles sont quasiment neuves (et vues comme telles par les utilitaires de la souris). La solution consiste alors à :

  • user des menus de configuration système ou BlueTooth pour accéder à la configuration des appareils BlueTooth pour la recherchr de nouveau si l’on a la chance d’avoir un deuxième périphérique de pointage (sur mon ordinateur portable, le TouchPad) ;
  • à défaut, redémarrer sauvagement l’ordinateur (pression longue sur le bouton marche-arrêt).

Cela peut paraître étonnant pour nos amis Windows-iens : pourquoi ne pas user des raccourcis claviers pour accéder aux menus ? Euh… parce que sous Mac, on ne peut pas, ou du moins, malgré un temps de documentation conséquent et des demandes d’aide de la part d’amis Mac-iens, je n’ai pas réussi à trouver comment activer un menu d’un logiciel Mac via le clavier. Sous Windows, cela se fait notamment via ALT+espace, suivi de touches fléchées, ou ALT+raccourci, ce raccourci étant souligné dans les menus.

Notez bien que lorsque vous pressez le bouton marche-arrêt de l’ordinateur, les programmes vous demandent sans surprise si vous souhaitez enregistrer votre travail. Impossible, cependant, de trouver le moyen de naviguer entre les boutons des boîtes de dialogue qui s’affichent. La touche de tabulation, ni aucune combinaison de la touche de tabulation avec une quelconque autre touche, et aucun raccourci avec la touche ALT n’ont donné satisfaction. Mes habitudes de Windows n’ont plus cours ici. Bref, quand vous n’avez pas de souris, attendez-vous à un redémarrage sauvage de votre ordinateur, avec le risque de perdre tous les fichiers en cours d’édition. Le désastre.

Plantages logiciels

Mes habitudes de travail sont sans doute assez particulières : je n’éteints pour ainsi dire jamais mon ordinateur, laissant celui-ci se mettre en veille automatiquement. Cela me permet de retrouver mon espace de travail de la veille le lendemain matin, ce qui est fort pratique quand on travaille sur de nombreux fichiers en même temps ouverts dans de nombreuses applications. En contrepartie, si l’un des programmes devient instable, à force, dans la durée, il peut rendre l’ensemble des applications moins sûres.

Les plantages logiciels sont fréquents. Certes, j’ai déjà vu des logiciels tels que le navigateur web Mozilla Firefox planter à l’occasion sous Windows. Désormais, sous Mac OS X, c’est régulier.

Il y va de même avec mon environnement de développement Eclipse, qui, grâce aux technologies Java qu’il exploite, je retrouve à l’identique sur les deux systèmes d’exploitation, mais en moins stable sous le Mac. A noter un bug que je ne connaissais pas sur la version Windows : l’affichage de deux boîtes de dialogue modales en même temps, à savoir que chacune cherchait à prendre la main pour exiger directement la main à l’utilisateur. Chacune des deux boîtes rendait inaccessible l’autre, figeant ainsi ce logiciel de développement que j’ai dû me résoudre à forcer à quitter par le système d’exploitation.

J’ignore ce qu’il en est de son homologue tournant sous Windows, mais sur la machine d’Apple, Microsoft Expression est instable et plante sans que je ne puisse finir l’import de l’ensemble des fichiers media de mon poste.

Artefacts visuels

Comprenons-nous bien : je ne suis pas l’utilisateur lambda d’un micro-ordinateur. Je tape jusqu’à 25.000 caractères de l’heure (corrections comprises), et utilise intensivement le clavier (au niveau des divers raccourcis présents). Du coup, je vais parfois plus vite, beaucoup plus vite, que les animations des fenêtres du Mac.

Il faut savoir que le système de fenêtres du Mac se veut très visuel et intuitif (il m’aura bien fallu deux semaines pour le maîtriser à peu près correctement, c’est vous dire que tout est relatif et les habitudes Windows tenaces). Ainsi, réduire une fenêtre déclenche une animation servant à l’ergonomie. L’animation permet en effet à l’utilisateur d’identifier le nouvel emplacement de la fenêtre lorsqu’il souhaite la réactiver. D’autres fonctionnalités, fort pratiques au demeurant, permettent d’afficher toutes les fenêtres d’une même application ou du bureau via un zoom arrière des plus agréables et intuitifs… une fois que l’on a compris le principe. Une fonctionnalité fort pratique, Exposé, permet d’associer un coin de l’écran avec une action, de sorte que pointer de la souris le coin inférieur gauche peut par exemple servir à lancer l’économiseur d’écran.

D’ailleurs, en matière d’écrans, c’est la joie : avec Leopard, un bureau virtuel est intégré, Spaces, de sorte que des écrans virtuels, vous pouvez en avoir un paquet ! Personnellement, je travaille en permanence avec six écrans, dont quatre sont systématiquement et entièrement remplis par des applications prêtes à l’emploi.

Vous l’aurez compris, ces effets et gadgets ont un but : améliorer l’ergonomie et la productivité. A ceci près que lorsqu’on tente d’aller un peu plus vite que la musique, on se heurte à d’innombrables artéfacts visuels, non critiques, mais gênants, qui rendent le tout un peu moins pratique et efficace que ce que l’on s’y attendrait : des fenêtres d’applications s’affichent sur le panneau général d’écrans Spaces au lieu d’intégrer l’un d’entre eux, d’autres prennent des tailles disproportionnées (plusieurs fois la hauteur de votre écran) rendant leur redimensionnement des plus délicats, et j’en passe.

Autre défaut de taille : alors que sous Windows, il est possible de redimensionner l’ensemble de l’interface utilisateur et des polices associées, cette fonctionnalité est absente sous Mac OS X. Certes, certaines applications proposent elles-mêmes de modifier la taille des polices, mais le menu principal de l’application, ou encore l’ensemble des boîtes de dialogue resteront toujours figé dans la taille de base. Le souci est lorsque, comme moi, on a une résolution de 1920×1200 pixels sur l’écran 17″ du portable. Alors que l’idée d’une telle résolution était la finesse des traits, on est rapidement tenté de changer pour une résolution inférieure, quitte à travailler, principal défaut de la technologie TFT quand on ne travaille pas dans la résolution native de la matrice de l’écran, avec un affichage flou des plus désagréables.

Conclusion

La légende du méchant Windows qui plante tout le temps est tenace, sans doute liée à quelques anecdotes ayant connu un certain retentissement médiatique, comme les plantages lors des présentations de lancement de Windows 98 ou Windows Vista. Apple joue avec les défauts du PC en général et de Windows en particulier dans sa campagne publicitaire télévisuelle. Or, dans la pratique, le Mac OS X est un système d’exploitation souffrant de nombreux défauts, autant en son sein que dans les logiciels qui tournent dessus.

Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’aime beaucoup Mac OS X. Il apporte des solutions visuelles dans l’interface utilisateur graphique qui améliorent notablement l’ergonomie du système d’exploitation que je ne connaissais pas sous Windows. Cepenant, ces fonctionnalités ne sont pas exemptes de défauts et il ne faut pas y voir la solution à tous ses problèmes logiciels, d’autant qu’il y manque cruellement de nombreux raccourcis clavier qui améliorent grandement la productivité. J’ai donc l’impression que les utilisateurs Mac, souvent néophytes en informatique, font la promotion du Mac au détriment des autres solutions sans les connaître, en se calquant sans la remettre en question sur la communication marketing officielle du constructeur.

Pour ma part, je reste sur Mac pour des raisons professionnelles. J’ai besoin, rapidement, de tester les solutions logicielles que je développe sur Mac OS X. Mais j’ai aussi besoin de les tester sous Windows. Par conséquent, sur mon Mac, je m’apprête à installer un Windows Vista accessible depuis Mac OS X via une solution à base de machine virtuelle. J’espère donc juste que les 4 Go de mémoire vive et les 2,2 GHz du Core Duo de mon ordinateur seront suffisants pour faire tourner les deux solutions en parallèle sans trop de conflits ni jalousies…

Et vous, quelle est votre position dans la polémique opposant Mac et PC ?

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