From the BlogSubscribe Now

Mon expérience de la publicité pour sites et services de loisirs pour adultes

Une idée reçue veut que gagner de l’argent avec du sexe sur Internet soit facile, puisqu’il suffit de faire la promotion des innombrables services pornographiques que l’on trouve partout sur la planète. Or, mon expérience dans ce domaine me laisse penser le contraire.

Annonceurs peu professionnels

Puisque l’idée reçue est que l’on peut faire de l’argent avec du sexe sur Internet facilement et rapidement, d’innombrables personnes s’y essayent, ce qui crée une quantité affolante de sites qui revendent du contenu pour adultes auto-produit, du contenu en marque blanche, ou encore — comme moi en ce moment — des espaces publicitaires pour sites tiers. Par conséquent, la part des services et webmasters un tant soit peu sérieux semble particulièrement faible.

Contrat inéquitable

Contacté par un grand producteur de pornographie français qui se lançait sur le web, j’ai dû refuser de véhiculer sa compagne.

En effet, rédigé en l’état, le contrat donnait à mon partenaire potentiel le droit de vie et de mort sur ma société, rien que ça ! En contrepartie, j’avais le droit d’implémenter ses exigences à mes frais avec un grand risque de ne jamais être payé. En même temps, mon interlocuteur, qui ne prenait aucun risque et n’avançait pas un centime, me promettait un intéressement aux ventes gonflé par un facteur dix au moins.

Bref, devant son refus de modifier le contrat et face à sa mauvaise foi patente, j’ai décidé de ne pas faire affaire avec cette société.

Cookies absents

Une autre société, plus petite, mais que je considère produire du contenu de meilleure qualité, propose elle aussi de faire la promotion de sa marque via un système d’affiliation. L’affiliation est de règle dans le domaine du sexe.

Le problème est que les visiteurs envoyés ne rapportent de l’argent à l’apporteur d’affaires — le site qui véhicule la publicité de cet annonceur — que s’ils commandent immédiatement après leur arrivée. En effet, si les visiteurs envoyés chez l’annonceur mettent le site dans leurs favoris pour y revenir plus tard, aucune trace de leur passage n’étant déposée dans un cookie, l’apporteur d’affaires ne touche pas un centime.

Voici comment l’annonceur gagne une visibilité importante et acquiert de la notoriété sans risque et sans dépenser un centime, aux dépends des éditeurs de sites qui véhiculent des campagnes aux performances nulles.

Irrespect des standards publicitaires

Une fois que l’on pense avoir trouvé un partenaire de confiance sur le plan commercial, encore faut-il s’assurer de ses compétences techniques et de sa connaissance du web.

En effet, malgré des standards au niveau des formats de bannières publicitaires qui existent depuis près d’une douzaine d’années, chaque service pour adultes semble s’être donné pour mission de les ignorer, préférant inventer ses propres formats, et si possible de tailles totalement farfelues, incompatibles avec les habillages des sites partenaires devant les accueillir.

Par conséquent, il ne faut guère s’étonner que les sites pour adultes vivant de la publicité fourmillent de publicités débordant sur le contenu rédactionnel (pour peu qu’il y en ait !) : il devient parfois très difficile d’insérer des espaces publicitaires pour un annonceur dont chaque bannière a une taille distincte.

Barrière de la langue

Un autre défaut fréquent : les bannières rédigées dans une langue étrangère. Certes, la langue ne semble pas essentielle pour comprendre les dialogues d’un film érotique. Encore faut-il pouvoir comprendre l’argumentaire commercial, le formulaire d’inscription et le bon de commande pour pouvoir l’utiliser. Comment donner son numéro de carte bancaire sur Internet à un commerçant qui ne maîtrise pas la langue du client et qui se trouve dans un pays lointain dont on n’a même pas idée, commerçant face auquel on n’aura aucun recours en cas de différend ?

Bannières publicitaires boguées

Je me plaignais des bugs empêchant d’atteindre le site d’un service pour adultes à mon interlocuteur chez celui-ci. Il me rétorque que ces bannières ne posent aucun souci. Alors en effet, elles ne posaient aucun souci pour 20 % des visiteurs de mon site utilisant manifestement l’unique navigateur testé par ce partenaire. A côté, 44 % des visiteurs voyaient leur navigateur paniquer avec un message des plus préjudiciables pour mon site ; 35 % arrivaient sur une page d’erreur ; 1 % avaient un comportement inconnu (mais je soupçonne bogué).

De plus, en cas de JavaScript désactivé sur le navigateur, en principe, une image fixe ou animée devait prendre le relai afin de ne pas gâcher cet espace publicitaire avec du vide. Si le système était bien pensé à l’origine, sa réalisation n’en était pas défaillante, aucune image ne s’affichant et l’espace publicitaire était effectivement vide.

Escroqueries diverses

Pour gagner de l’argent sans rien faire, c’est facile : il suffit de voler. Et pour cela, sur Internet, mieux vaut se protéger en montant des sociétés écrans dans plusieurs pays, afin de décourager le client déçu le plus tenace. Fournissez des solutions à base de dialers, de renouvellements automatiques d’abonnement par accord tacite et aux désinscriptions difficiles et distribuez de véritables logiciels malveillants.

Dans la pratique, vous ne risquez pas grand chose, comme l’a compris cet éditeur de messagerie instantanée sans intérêt pour les utilisateurs qui use de la publicité mensongère et de la publicité trompeuse au travers d’un réseau d’affiliés qu’il rémunère grassement à la commission. Imaginez un outil présenté pour faire des dialogues et webcams X qui présente des membres fictifs pour mieux se vendre, mais dont les conditions d’utilisation… interdisent tout usage à caractère pornographique.

Concurrence sauvage

L’essentiel des sites pour adultes est fait à base de contenu issu de l’affiliation, à savoir proposé par des sites tiers et fait de publicités. Le sport préféré des webmasters de sites pour adultes semble être d’habiller les publicités pour les faire passer pour du contenu rédactionnel original et désintéressé.

De plus, et puisqu’aucun service promu n’est jamais testé (mais cela n’est ni spécifique au web, ni aux loisirs pour adultes), tous les abus sont permis, de sorte que les promesses de fortune suffisent à convaincre les webmasters qui n’ont aucun scrupule à faire la promotion de programmes manifestement douteux.

Par ailleurs, cette concurrence a un autre défaut important : elle travaille sans aucun cadre légal. En effet, bon nombre de webmasters de sites pour adultes sont des particuliers qui se gardent bien de déclarer leurs revenus, évitant les cotisations sociales, la TVA ou les impôts sur le revenu.

Enfin, tant qu’à faire des choses dans l’ombre, bon nombre de webmasters n’hésite pas à user de techniques marketing des plus douteuses. Outre le spam par email et le spam de blogs, l’irrespect des conseils aux webmasters est de règle. Ainsi, n’ayant finalement pas grand chose à perdre, puisque n’ayant ni investissements à amortir, ni charges à payer, les achats de liens sont monnaie courante, tout comme la participation aux innombrables échanges de liens. Ceci est d’autant plus conséquent que bien souvent, les webmasters de sites pour adultes rencontrent les plus grandes difficultés à promouvoir leurs sites autrement, la plupart de leurs interlocuteurs ne souhaitant pas être associés à du contenu pour adultes, de peur de voir leurs propres annonceurs partir au plus vite.

Conclusion

Les loisirs pour adultes ont des loisirs comme les autres. Enfin… pas tout à fait. C’est un domaine où règne une ambiance façon ruée vers l’or, où tous les coups sont permis, surtout les plus bas, et où les victimes d’arnaques les plus diverses n’osent se défendre, par honte. Mais même face à des interlocuteurs honnêtes, on peut avoir des surprises, les compétences techniques liées au marketing en ligne sont rarement acquises.

Pour ma part, je me penche et j’essaye sur diverses propositions de partenariats. Néanmoins, celles qui donnent satisfaction aux trois parties, en l’occurrence autant à l’annonceur, à l’éditeur et au client final, sont somme toute assez rares. Par conséquent, si je devais persévérer dans le domaine des loisirs pour adultes, que je ne fais actuellement qu’effleurer, ce serait sur des nouvelles bases. Or, pour pouvoir toucher aux fondations, il faudrait se rapprocher du métier de producteur, et soit produire du contenu, soit l’acheter en marque blanche pour le commercialiser sur des bases saines, autant vis-à-vis des clients que des éditeurs, en maîtrisant l’essentiel de la chaîne de distribution.

Mais ai-je vraiment envie de me lancer là dedans ?

Comments

  1. Pour avoir gouter au monde du x, je peux te dire que tout les coup sont permis et que dans se milieu sait au premier qui « enc*****  » l’autre. Je teste aussi dans le xxx sur le net et ont peut pas dire que se soit se qui rapporte le plus. Déjà rien que pour le référencement sait un casse tête.

  2. Alors la je suis vraiment pas d’accord avec plein de points de ton article . Je suis webmaster de sites X a temps plein et je me demande franchement a qui tu as eu affaire pour dire des choses pareilles .
    l’histoire du contrat c’est une aberration, j’ai jamais vu ca nulle part .
    Pour les Cookies, c’est aussi completement faux et dans 90% des cas, un visiteur sera reconnu a la prochaine du site grace aux cookies et la vente te sera attribuée .
    Barriere de la langue … ???? si tu travailles avec des societés francaises , ca marche deja mieux ;-)))
    Les escroqueries est la partie la plus sensible mais c’est de la diffamation si on confond escroquerie et marketting de vente agressif et aguicheur mais légal ( je ne parle du cas dont tu parles, que je connais tres bien et le debat serait trop long )
    La seule chose ou je suis completement d’accord avec toi c’est la concurrence qui est tres dure et pas toujours fairplay mais ca c’est un peu dans tous les mondes

Speak Your Mind

*