Prestations web : attention aux arnaques

Des euros par milliersLe web est tendance, et de plus en plus. Loin de la bulle spéculative des années 1999-2000, désormais, toutes les entreprises ont besoin du Net, qu’elles produisent des biens industriels, proposent des services à la personne, ou encore vendent des produits. Or, si le marché des grands comptes est exploité par des SSII de renommée nationale, répondant à des appels d’offres conséquents et des cahiers des charges très précis, celui des PME et TPE, lui, beaucoup moins lucratif, est délaissé. De ce fait, les chefs d’entreprises des PME et TPE se tournent vers des petites structures, sans aucune renommée, parfois sur recommandation, parfois au hasard des recherches sur Internet, et cela avec des bonnes et des mauvaises surprises. Je vous propose de découvrir quelques arnaques qui sont remontées jusqu’à mes oreilles.

Arnaque de l’hébergement abusif

Vous êtes plombier, avez un bar, une entreprise du bâtiment, et l’informatique ou Internet n’est pas votre métier. Vous recevez un courrier alléchant vous permettant d’avoir une visibilité Internet à moindres frais, généralement aux environs de 100 à 200 € HT par mois.

Seulement voilà : derrière un tarif qui paraît au prime abord alléchant se cache parfois une proposition qui peut vous coûter cher. Ainsi, j’ai vu une entreprise ayant une démarche commerciale assez unique. En effet, elle propose de livrer à ses clients des sites vitrines clés en main, gratuitement, seul l’hébergement est facturé 100 € HT par mois.

Or, là où commence l’abus, voire l’arnaque, c’est que l’hébergement est souscrit pour une période minimale de cinq ans (oui, vous avez bien lu : cinq ans !) Attention, cela va plus loin : au bout des cinq ans, le renouvellement est automatique, par reconduction tacite, et reconduit pour cinq ans de nouveau !

Le site en lui-même est assez générique, généralement attrayant, mais certainement pas unique. En somme, comptez 500 à 1.000 € HT maximum pour la réalisation d’un tel site. Seulement, l’escroc qui vous le vend de fait le fait faire par un sombre sous-traitant, voire un sous-traitant d’un pays à faible coût de main d’oeuvre.

Arnaque à l’annuaire fictif

Des annuaires, sur Internet, ce n’est pas ce qui manque. Tout le monde affirme que pour avoir une bonne visibilité sur les moteurs de recherche, et par conséquent des prospects en pagaille, il faut avoir de nombreux liens pointant vers son site. De nombreux chefs d’entreprise, qu’ils fassent faire leur site par d’autres ou par eux-mêmes, succombent ainsi aux plaisir du référencement de leur site sur des annuaires par dizaines, centaines, et parfois même par milliers.

Il faut savoir qu’aujourd’hui, deux principaux annuaires comptent : celui de DMoz et celui de Yahoo!. Tous les autres annuaires n’ont que très peu d’influence sur le trafic des sites référencés, qu’il soit direct (des visiteurs qui viennent sur un site depuis l’annuaire) ou indirect (des visiteurs qui viennent depuis les moteurs de recherche du fait de l’amélioration du référencement du site dans les annuaires). Aussi, payer des prestataires pour référencer votre site auprès de 5.000 annuaires (oui, cinq mille) ne sert à rien.

Mais il y a de véritables professionnels de l’arnaque des annuaires. Ceux-là créent des annuaires bidons qu’ils prétendent révolutionnaires et contactent des restaurants, coiffeurs et autres plombiers pour leur proposer des abonnements — parfois hors de prix — visant à les faire apparaître dans leur annuaire… que personne ne consulte.

Payer pour apparaître sur les pages d’un annuaire n’est pas en soi une arnaque. Certains annuaires sont gratuits, et vivent éventuellement de la publicité payante affichée par ailleurs, ou réclament parfois un lien retour pour les remercier d’un référencement et améliorer en retour leur visibilité, alors que d’autres annuaires sont payants, à juste titre, le prix couvrant les frais de l’étude des diverses propositions. En revanche, ce qui n’est pas normal, c’est que l’on vende l’apparition dans un annuaire web bidon, parfois même carrément fictif, ou alors dans un catalogue exclusivement commercial alors qu’il se présente comme rédactionnel, un annuaire qu’aucun être humain ne visite et que les moteurs de recherche délaissent, ou encore que l’on réclame plus de liens vers l’annuaire que l’annuaire n’en fournit en contrepartie.

Conclusion

Il est vivement recommandé, lorsque vous ne connaissez pas vous-même de prestataire web, de demander à son propre réseau professionnel des recommandations de prestataires web.

Un professionnel d’Internet digne de ce nom vous présentera un devis détaillé sur ce qu’il vous propose de faire, et il sera capable de justifier son tarif par un travail réel, concret et qui aura pour conséquence une visibilité sur Internet optimale. Il ne faut pas hésiter à demander à plusieurs prestataires de vous faire des propositions (sans multiplier inutilement les démarches) et d’opter pour la solution qui correspondra à vos attentes, qui ne vous rendra pas prisonnier de ce prestataire et qui vous garantira une certaine qualité de résultat objectivement mesurable.

Le prix doit toujours entrer en ligne de compte, mais ne considérez pas que le prix le plus haut ou le plus bas sont les meilleurs, mais étudiez la proposition qui vous est faite dans son ensemble. Eventuellement, négociez le prix ou le détail de la prestation si ceux-ci vous paraissent proches de ce que vous attendez, mais pas tout à fait. Si vous souhaitez baisser le tarif, attendez-vous à enlever des fonctionnalités ; si vous souhaitez plus de fonctionnalités, attendez-vous à un tarif supérieur. En effet, si le prestataire accepte de diviser par deux son tarif ou de doubler la taille du cahier des charges sans aucune contrepartie, c’est qu’il y a manifestement un problème.

Comments

  1. Martin Mathias Poujol-Rost says:

    Bonjour,

    Je gère un blogue sur les affaires d’arnaque au site Web (genre 300 euros par mois sur 48 mois, vendu en « one-shot » et contrat revendu à une société de leasing), et pour aider les clients : https://affaireeo.wordpress.com/ .

  2. Martin lebienheureux says:

    LA RESILIATION EN 3 ETAPES :

    1) PROUVER LE NON RESPECT DES ENGAGEMENTS
    Vous avez fourni les textes et photos pour votre site et au bout de quelques mois, vous constatez que les prestations de votre créateur de sites ne correspondent pas aux promesses du conseiller commercial qui vous a démarché.
    Après une mise en demeure par courrier en RAR assortie d’un délai d’exécution, vous constatez que les termes du contrat ne sont toujours pas respectés :
    délais de mise en service du site non respectés, données inexactes et non corrigées malgré vos demandes, référencement non obtenu, etc.
    « Règle générale : le contrat tient lieu de « loi » pour les parties (code civil art.1134). Le non-respect des engagements donne lieu à indemnité (code civil art. 1142) pour inexécution, retard, sauf cause étrangère involontaire (code civil art. 1147).
    La victime doit prouver 2 points et parfois un 3° :
    1) celle de l’obligation contractuelle
    2) celle de l’inexécution ou de la mauvaise exécution
    Plus une 3° : face à une obligation de moyen : un comportement fautif. Le professionnel compétent et normalement diligent aurait … attiré l’attention du client sur les conditions particulières d’utilisation du produit du client inexpérimenté … »
    Source :
    http://www.contrexpert.com/r_contractuelle.htm
    http://www.lapme.net/2001041902.shtml
    Voir aussi ce jugement sur le référencement :
    http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=2363
    Donc relisez bien vos contrats.
    Autre possibilité :
    Demandez à bénéficier de la faculté de résilier non prévue au contrat bilatéral en application de :
    Article 1184 du Code civil
    Créé par Loi 1804-02-07 promulguée le 17 février 1804.
    La condition résolutoire est toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques (on dit aussi contrat bilatéral), pour le cas où l’une des deux parties ne satisfera point à son engagement.
    Votre « créateur de site » a revendu son contrat à une société de financement (Parfip, Locam, KBC Lease, etc.) et c’est cette société de financement qui prélève vos mensualités.
    Votre adversaire est la société de financement.
    Demandez copie des contrats à votre « créateur de site » ainsi qu’à la société de financement.
    Toutes vos démarches doivent être réalisées par courrier avec RAR

    2) RESPECTER VOS ENGAGEMENTS
    Comme on ne peut se faire justice soi-même, vous allez demander au juge des référés l’autorisation de consigner les sommes dues mensuellement à la société de financement. http://consignations.caissedesdepots.fr/spip.php?article22
    Si vous êtes mécontent de votre site et si vous décidez d’arrêter vous-même les prélèvements, la société de financement vous assigne au tribunal de commerce qui vous condamne.
    Les tribunaux de commerce ont une double particularité :
    les juges ne sont pas des professionnels du droit, et ils peuvent se passer du débat contradictoire avec l’autre partie, c’est-à-dire vous, le client mécontent.
    3) PROUVER L’INDIVISIBILITE DES CONTRATS
    Vous devez prouver l’indivisibilité des contrats car ils n’ont pas de raison d’être l’un sans l’autre.
    Les sociétés de financement s’appuient sur l’article 1165 du code civil pour affirmer que chacun des contrats est autonome et doit être exécuté indépendamment l’un de l’autre.
    « Pourtant, la jurisprudence est aujourd’hui constante pour reconnaître, dans certaines conditions, l’existence d’ensembles contractuels indivisibles entraînant la disparition en cascade des contrats en cas d’inexécution de l’un d’entre eux. »
    Source :
    http://www.economag.com/archives/13
    Voir aussi un jugement en appel :
    http://www.opticien-presse.com/news/news_details.php?rubnewsid=2810

  3. Martin lebienheureux says:

    j’ai oublié de dire bonjour et merci,
    ouf voilà, c’est fait !

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