Le point sur mes serveurs web

Une machinerie d'apparence compliquée

Depuis un mois, mon serveur web principal commence à s’essouffler. Aussi, je cherche des solutions pour le décharger. Voici l’occasion de faire le point des serveurs que je loue actuellement.

Serveur dédié (OVH)

Tout d’abord, mon serveur dédié historique : le Superplan 2006 loué chez OVH. C’est un P4 HT à 3 GHz doté de 1 Go de RAM et de 80 Go de disque dur monté en RAID-1 (mirroring) disposant d’un espace de sauvegarde FTP de la taille du disque, le tout pour 69 € HT / mois.

J’utilise ce serveur comme espace d’hébergement de mes sites personnels et professionnels, ainsi que de plateforme de développement des sites pour le compte de mes clients, ou encore, en marge, les sites de mes amis.

Je loue ce serveur depuis quelque deux ans et je m’en satisfaits très bien. Le souci est que le serveur atteint ses limites. En effet, la multiplication des sites hébergés a fini par atteindre les limites. La principale limite vient de la mémoire, car le swap disque n’est pas assez rapide pour assurer une réponse en temps-réel du serveur face aux sollicitations web. Il faut dire que la mémoire accueille de nombreux caches : cache disque, cache de la base de données, cache des requêtes web, etc. Avec de la mémoire, on peut faire l’économie de puissance processeur ou d’un disque rapide. Sans mémoire, tout s’écroule.

Real Private Server (OVH)

Profitant d’une période de tests et de prix avantageux proposés aux beta-testeurs, j’ai pris pas moins de quatre RPS-1 chez OVH, vendus actuellement au prix de 9,99 € HT / mois. C’est l’entrée de gamme des serveurs dédiés au prix volontairement cassé.

Il s’agit de serveurs dédiés avec processeur (Intel Celeron à 1,2 GHz), 512 Mo de RAM, bientôt une clé USB de 512 Mo pour servir de swap, ainsi que d’une connexion réseau 100 Mbps. Le disque ? Il est accessible sur réseau, sur le SAN dédié, via iSCSI et bientôt probablement aussi en NFS. L’espace disque de base est de 10 Go et l’on peut l’étendre jusqu’à 1 To par tranches de 10 Go facturées 2 € HT / mois. En somme, le RPS est un serveur dédié dont le disque est mutualisé.

L’idée de prendre un RPS était d’avoir beaucoup de puissance cumulée pour pas cher, le tout en limitant les conséquences d’une panne matérielle isolée. Cependant, je me rends compte que les limites d’une telle machine, notamment du fait de sa mémoire limitée, sont vite atteintes. Par conséquent, il est nécessaire d’optimiser la configuration logicielle de la machine, ce qui engendre un coût difficile à justifier sur un petit parc de serveurs. De plus, le disque étant mutualisé, son accès ne vaut pas celui d’un disque local et la location d’espace disque additionnel est loin d’être bon marché, malgré la sécurité d’un RAID-1 sur trois disques utilisé sur le SAN. S’ils sont bons, les accès disques sur SAN sont variables en temps de réponse, ce qui ne permet pas d’assurer un service de qualité optimale.

Le RPS est donc une excellente machine pour se faire la main à moindres frais, servir de base au développement, par exemple, mais n’est pas vraiment destinée à héberger un grand nombre de sites ou services web. Certes, il est possible de construire un cluster à base de RPS, mais cela nécessite une configuration finalement très lourde qui gagnera en facilité d’administration avec des serveurs moins nombreux, mais plus puissants.

Je suis sceptique quant au RPS. Je vais probablement l’utiliser comme DNS secondaire ou tertiaire, ou encore comme serveur de développement spécifique, peut-être quelques sites auto-édités non vitaux, mais j’éviterai d’y placer des sites stratégiques. Compte tenu de la mémoire limitée, la possibilité d’un plantage est trop grande et l’espace disque limité de base et cher à étendre ne permet pas de réaliser des sauvegardes locales régulières, pourtant fort utiles pour revenir en arrière suite à une erreur de manipulation malheureuse.

Virtual Private Server (Gandi)

Pour voir à quoi cela ressemble, j’ai pris un part de VPS chez Gandi. Le service est en beta, vendu à prix coûtant, soit 6 € HT par part de VPS. A l’avenir, et à un prix indéterminé, on pourra cumuler à volonté jusqu’à 32 parts pour animer un même VPS, ou encore assigner les 32 parts à sa guise en fonction des besoins, du jour ou de l’heure. C’est un peu l’adaptation française d’EC2 d’Amazon.

Le service étant en beta et son prix à venir étant indéterminé, même si la flexibilité du service me plaît, j’avoue ne pas voir comment on peut compter dessus à l’heure actuelle. A court terme, j’utiliserai donc cette petite part de VPS comme serveur DNS secondaire ou tertiaire.

Dedibox (Iliad)

Finalement, je viens de craquer pour la Dedibox XL d’Iliad qui sera livrée la semaine prochaine seulement. La machine est un joli Intel CoreDuo T7200 (à 2 GHz ?) accompagné de 3 Go de RAM (oh oui, de la mémoire !),
500 Go de disque (49,99 € HT / mois) à quoi j’ai ajouté une option RAID (+9,99 € HT / mois) et un espace de stockage FTP de 200 Go (4,99 € HT / mois).

Il faudra que je me documente et que je teste les temps d’accès au serveur depuis les divers réseaux en France et en Europe pour vérifier la qualité du peering et du ping avec les visiteurs de mes sites. Néanmoins, ce serveur deviendra probablement mon principal serveur dans les mois à venir.

Et après ?

En fait, à l’avenir, j’envisage de prendre deux serveurs plus conséquents sur lesquels installer une solution de virtualisation de type OpenVZ ou Xen. Ce type de solution permet alors d’exploiter au mieux les ressources d’un serveur. Pourquoi deux serveurs ? L’un d’entre eux serait en production, alors que l’autre serait là pour prendre le relai en cas de panne du premier, tout simplement.

L’inconvénient est qu’un gros serveur est toujours plus onéreux que la somme de serveurs plus petits équivalents en puissance. L’avantage n’en reste pas moins à l’administration d’un serveur unique, plus simple qu’un parc de serveurs isolés. De plus, les ressources sont en principe mieux réparties avec la virtualisation, ce qui est d’autant plus intéressant sur des sites en développement qui, mis en sommeil, n’ont besoin d’aucune ressource ou presque jusqu’à leur réactivation à venir.

Comments

  1. Sur l’offre dedibox XL, ils parlent du Dedispare comme serveur de secours:

    « Exclusif : Grâce au service « Dedispare », vous bénéficiez à tout moment d’un serveur de secours, destiné à remplacer votre serveur en cas de panne, et ceci sans délai ni intervention humaine et en conservant vos données ! »

    Cela a l’air de répondre à ton besoins futur non?:
    « L’un d’entre eux serait en production, alors que l’autre serait là pour prendre le relai en cas de panne du premier, tout simplement. »

  2. &Alex : En effet, le « Dedispare » a l’air intéressant, mais j’avoue ne pas avoir bien regardé comment fonctionne le service et en combien de temps celui-ci est opérationnel. Car mine de rien, rien que pour transférer 500 Go entre deux serveurs, cela prend un certain temps, et il est par conséquent intéressant d’avoir un serveur de secours déjà synchronisé pour pouvoir basculer dessus rapidement.

    Néanmoins, dans cette configuration de serveur de secours, il manque tout de même l’essentiel : une IP failover que propose notamment OVH. A défaut d’IP failover, une IP dynamique que l’on peut assigner arbitrairement à un serveur ou à un autre, il faut jongler avec des DNS de TTL réduit, ce qui n’arrange pas les performances de communication entre le serveur et les clients. Mais cela reste une solution comme une autre.

    Heureusement, les pannes matérielles sont rares, bien qu’elles se produisent et doivent être prises en compte, d’une manière ou d’une autre, dans le cadre d’une utilisation professionnelle de qualité.

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