5 profils typiques d’intégrateurs web

Il existe plusieurs écoles en matière d’intégration web :

  1. Les incompétents ou les fainéants développent et valident un site sous un unique navigateur, généralement Internet Explorer 7, parfois un autre, et tant pis s’il ne s’affiche pas correctement sur les autres navigateurs ou qu’il ne soit respectueux d’aucun standard. Ce n’est pas leur problème, voire ils ne connaissent même pas que le reste du monde existe, et après tout, c’est la faute aux autres. C’est typiquement la position des adolescents et débutants sur le web qui proposent leurs services à la famille et aux amis.
  2. Les extrémistes des standards, souvent acquis à la cause Firefox, expliquent que c’est grâce aux contributions communautaires open source que ce navigateur est le plus compatible avec les standards, oubliant le fait qu’en réalité, c’est un navigateur concurrent, Opera, propriétaire et non open source, qui est en réalité le plus respectueux des standards. Leur position est de faire valider la conformité du site avec les standards (X)HTML et CSS, plus rarement RSS, et de faire fonctionner le site sous Firefox ainsi que, à la rigueur, sur les navigateurs qu’ils jugent aptes. C’est typiquement la position des étudiants en informatique, en infographie et autres débutants qui proposent leurs services au black.
  3. Les pragmatiques psychorigides (!) qui testent leurs sites sur un pannel bien déterminé de navigateurs, listés dans le cahier des charges, sans chercher la compatibilité optimale, ni le respect des standards. Ce sont typiquement des professionnels qui cherchent à réduire leurs coûts de fonctionnement en limitant les cas particuliers à gérer sur chaque version des navigateurs. Souvent, ces professionnels affichent des boîtes de dialogue ou autres avertissements lorsqu’un navigateur non listé dans le cahier des charges est utilisé pour consulter le site.
  4. Les pragmatiques éclairés développent et testent leurs sites sur les principaux navigateurs du marché en vérifiant, sans nécessairement s’y conformer, le respect des standards. Ce sont typiquement des professionnels aguérris qui cherchent à faire un travail fonctionnel pour un très large panel d’utilisateurs.
  5. Les perfectionnistes développent et testent leurs sites sur les principaux navigateurs du marché, s’assurent du respect des normes et cherchent des solutions optimales en matière de vitesse de chargement et charge serveur. Ce type de profil décrit des professionnels à forte compétence technique qui maîtrisent l’ensemble des technologies mises en œuvre lors de l’accès à une page web.

Alors, quel est votre profil de développeur web ? Quels autres profils ai-je bien pu oublier ?

Comments

  1. Excellent, Martin !

  2. C’est quand même vachement limité de se cantonner à qualifier un dev’ web sur un rendu CSS/html (ou autre on va pas pinailler).
    Ca c’est plus un intégrateur.
    Et encore un intégrateur doit se soucier aussi de perf pour peu qu’il soit pas trop mauvais (et on parle pas que du poid des images …)
    Pour moi un dev web avant tout il code du dynamique, il respecte les standard du milieu et respecte aussi les contraintes, il coe propre évolutif …

    La tu parle quand même d’une très petite partie du job de dev web.
    Mais on peut quand même bien catégoriser cette partie du job ;)

  3. En effet, @Billyboylindien, le vocabulaire que j’aurais dû employer est bel et bien celui d’intégrateur web. Pour ce qui est de l’optimisation, je l’ai rarement vue, car elle nécessite des compétences techniques que bon nombre d’intégrateurs web ne maîtrisent pas, et pour cause, ce sont souvent des infographistes recyclés en web et autodidactes style « bidouilleur ». ;-)

  4. Il n’y a pas vraiment de compétences extraordinaires …
    Utiliser du png pas du GIF, rassembler les js et les css et les compresser, limiter le nombre de connexion …
    Utiliser le bon code, avoir un code maintenable….

    Mais bon souvent comme tu le dis c’est export html de photoshop ou autre et basta :)

    Après il y a la gestion de cache expire et autres joyeusetés qui oui sont un peu plus complexes et souvent hébergé sur un mutu on s’en fout (en dedié tout de suite moins ;) )

  5. @Billyboylindien : Tu ne l’as sans doute pas remarqué, mais on ne peut pas toujours utiliser du PNG à la place du GIF, car Internet Explorer fait un rendu de couleurs différent pour le PNG par rapport au GIF ou JPEG. Les raccords ne sont alors pas corrects. Ceci dit, toutes les compétences que tu listes sont pertinentes, mais très peu pratiquées, car prenant du temps ou dépassant les capacités de la plupart des intégrateurs web.

  6. J’ai pas bien compris le sens de l’article.
    Je trouve ta vision des choses très simpliste ! Psychorigides pour reprendre l’un de tes termes.

    Il est facile de ranger les gens dans des cases a la va vite sans prendre en compte les contraintes indépendante de la volonté de chacun.

    On ne se comporte pas de la même manière quand on travail pour un client ayant 40 sites de 20000 pages ou quand on gère un petit site de 200 pages pour une société de 50 personnes !

    Certaine normes ou autres standard ne son tout simplement pas applicable .. le « navigateur unique » peu être un choix politique au sein du groupe, sans pour autant rendre les dév, ou intégrateur, etc .. incompétent !

    Ici, par exemple, on est 2 étages entier, peu être 200 personnes dédiés au web !!! Je ne sais même plus quel est mon métiers !! dév, webmaster, intégrateur, ingé d’étude, qualité, accessibilité ……. pffffff

    Bref, quand je lis ton article, je ne me retrouve pas, ni moi, ni mes collègues … Attention aux cases … Hitler en avait plein ;o)

  7. @Martin, le gif utilise 256 couleurs, il suffit d’encoder ton png en 8bits (donc sans canal alpha) et tu as les même propriété, le même support de la transparence et tout et le tout moins lourd ;)

  8. @Billyboylindien : On ne s’est pas compris : quel que soit l’encodage du PNG, et indépendamment de la transparence, Internet Explorer affiche des couleurs différentes pour l’image PNG par rapport à la même image GIF ou JPEG. C’est un bug très peu connu d’Internet Explorer, mais quand tu dois coincider des aplats PNG et JPEG (quelle qu’en soit la raison), tu ne peux pas, car soit tu corriges les couleurs pour Internet Explorer, soit tu les laisses pour les autres navigateurs, mais tu ne peux pas avoir les mêmes couleurs partout.

  9. @Martin Je veux bien un exemple car je vois pas.
    Avec un fond png:
    http://blog.jaysalvat.com/articles/png-8-bits-avec-transparence-alpha-cest-possible.php

    C’est vrai que j’ai jamais eu a traiter le cas d’un fond jpeg (caymal :) ) ou un « collage » jpeg avec un png.

  10. @Kewan cela me fait froid dans le dos de lire « Certaine normes ou autres standards ne sont tout simplement pas applicable ».
    C’est comme si je disais que demain j’allais sortir un nouveau type de téléphone qui ne serait compatible avec les lignes France Telecom… Les standards et normes ont une raison d’être…

  11. @Billyboylindien : Il est vrai que le cas est rare, mais… encore une fois, je ne te parle pas de transparence, mais d’images opâques où le PNG a des valeurs RGB affichées différentes de la même image JPEG et différentes de celles encodées dans le PNG, les valeurs changent de deux ou quatre sur 255, ce qui est peu, mais suffisant pour voir le raccord sous Internet Explorer lorsque deux images, une PNG et l’autre JPEG, sont côte à côte (par exemple un fond PNG et un texte JPEG ou l’inverse).

  12. @Kewan : Moi psychorigide ? Bizarre d’avoir proposé, en fin d’article, aux lecteurs de proposer les cas que j’aurais oubliés. Ce n’est pas du tout une attitude de quelqu’un que tu accuses de rigidité psychologique. Mais en même temps, tu vois en moi un Hitler en puissance avec un argument pour le moins farfelu. (J’ai bien compris que tu étais un troll qui cherchait à gagner son point Godwin.)

    Enfin, si tu as des problèmes pour connaître ton métier, ou du moins ton poste, dans ton emploi de tous les jours, c’est que tu as un réel problème, d’autant que tu as oublié de lire ton contrat de travail ou, à défaut, ta fiche de paye où figure obligatoirement l’intitulé du poste, ta catégorie et un coefficient (que tu pourras déchiffrer en lisant ta convention collective notamment).

  13. Martin Arnaud Lefort says:

    Bonjour,

    J’ai beaucoup aimé votre article, mais je ne sais pas exactement où me placer dans ces profiles. Pour ma part, je pense fournir un code xhtml et css correct, qui passe assez bien avec tous les navigateurs (Excepté Internet Explorer que je ne supporte pas car je ne l’ai pas installé, je lui fait donc en général une version minimaliste (Qui propose toutes les fonctionalités du site mais un design beaucoup plus minimaliste) mais ce n’est pas car je ne l’aime pas, juste parce que je ne peux pas tester avec présentement.

    En général une belle structure HTML passe très bien dans Dillo ou dans les navigateurs qui ne supportent pas le CSS, c’est beau de voir que un utilisateur de navigateur sans support de CSS navigue sans aucun soucis sur mon site, il ne s’encombre juste pas du design. Je regarde un peu la compatibilité avec des navigateurs qui ont un support de CSS limité pour vérifier que dans tous les cas c’est navigable (Avec NetSurf par exemple) et je publie.

    Faire une version minimaliste presque exclusivement pour Internet Explorer est un peu stupide, toutefois ça permet de faire une mise en page un peu plus évoluée qu’en désactivant complètement le CSS pour ce navigateur et par le biais d’un moteur de templates ça ne dérange pas de maintenir deux templates.

  14. Humm… je ne crois pas qu’on puisse aussi trivialement « ranger » les dévs, ou intégrateurs, ou même les charcutiers, parce qu’ils font ci ou ne font pas ça….

    La qualité d’un site, ou d’un boulot en général, est a apprécier relativement au budget, au délais, au client, et à d’autres facteurs peut-être.

    Aussi, proposer des services à la pointe de tout, en tout temps, en tout lieu et pour tous ses clients, est un discours évident quand on dirige une agence web… et qu’on espère prospecter un minimum via son propre blog.

    * C’est sur, respecter les reco W3C, c’est bien.
    * C’est sur, tester un site ou un rendu sur 84 navigateurs, 17 OS, 3 types de connexion, sous alphabet cyrillique, avec une synthèse vocale, c’est bien.
    * C’est sur, coder objet à base de MVC, avec SVN et tests unitaires, c’est bien.
    * C’est sur, faire relire ses contenus par des correcteurs/relecteurs, c’est bien.
    * C’est sur, optimiser ses images en testant tous les formats possibles pour savoir lequel est les plus rentable, c’est bien.
    * C’est sur, renseigner les alt/title and co, c’est bien.
    * C’est sur, compresser ce qui peut l’être c’est bien.
    * …

    Ce qui est encore plus sur, c’est que tout ça a un prix.

    Il manque dans votre article une catégorie qui, à mon avis, mériterait d’y avoir sa place: les professionnels qui répondent à un besoin dans le cadre d’une démarche commerciale et concurentielle.

    J’entends par là le type de technicien qui sait a-priori, quelles technologies mettre en oeuvre, et quel niveau de qualité / technicité apporter à un projet, afin de tenir les délais, les coûts et répondre aux objectifs.

    Au delà de cela, il serait bon, pour certains, de ne pas oublier que le web est un gros bordel collaboratif, et ce depuis qu’il est né. les puristes ne s’en sortent pas mieux que les bidouilleurs, les artistes ne s’en sortent pas mieux que les techniciens…

  15. Martin, les mauvais raccords png / jpeg ne sont pas un bug, c’est que ton jpeg est encodé avec un profil couleur (qui par contre, est supporté par firefox 2 – en partie – et 3 – complètement).

    Réencode ton jpeg sans y incorporer de profil colorimétrique (export pour le web, quoi) et ton raccord sera OK.

  16. Je suis tout à fait d’accord avec Nico, qui reformule plus diplomatiquement la réaction de Kewan.
    La réalité d’entreprise a sa diversité et un pragmatisme constant.
    La caricature est intéressante quand elle est voulue.
    Ici on pose des étiquettes qui paraissent un peu étroites.
    Ca peut faire peur !

  17. @Domi : Pourtant, le pragmatisme fait partie de la liste des profils. À croire que certains ont peur des étiquettes, voire même des mots !

  18. Bravo Martin, très bon article !
    @Arnaud Lefort je n’ai pas bien compris ta politique de « ne pas tester » sur les navigateurs que la majorité utilise … pour ma part je ne connais qu’une seule personne qui navigue en mode texte.
    Je serai plutôt « pragmatiques éclairés » dans les profils que tu proposes Martin, j’espère arrivé à la catégorie « perfectionnistes » un jour … ;-)

  19. Bonjour tout le monde :-)

    Contrairement à certains ici, je trouve que les « catégories » d’intégrateurs sont pas mal dessinées et j’y retrouve certains profils de ma connaissance.
    Je pense comme Bruno être dans les « pragmatiques éclairés » et j’aimerais atteindre le Saint Graal des « perfectionnistes »…. Mais pour cela, j’ai encore à apprendre :-)

  20. bien d’accord avec le post sur la démarche commerciale.
    quand je conçois des sites pour des clients (en tant que directeur de création) on prend avant tout en compte le budget face aux demandes. Et les clients n’aiment pas qu’on coupe dans les demandes en général. Alors à moins d’un soucis majeurs… Ils préfèrent qu’on laissent tomber le « bien » et qu’on se concentre à l’essentiel: « l’efficace ».
    Les perfectionnistes résident dans tous les bons intégrateurs. Mais encore faut-il avoir le temps et le budget.

  21. Hum, marrant, sérieux, un peu carré. Forcément carré puisque les généralisations sont par nature abusive et injustes.
    Disons que je me reconnais dans la réaction de « Nico ». Bien que non informaticienne, à force d’apprendre j’essaie de tendre vers le « pragmatisme éclairé ». Une longue route qui semble infinie et toujours à refaire. Mais ceci a effectivement un coût. Un coût financier, comme dit Nico, mais aussi un coût chronophage qui peut se produire même au niveau artisanal du dépannage entre copains.
    Ceci posé, on ne peut pas prendre en otage un site sérieux sous prétexte qu’on ne peut pas assumer la chose.
    De l’autre côté, bien peu de « clients » (dans le commercial comme pour les sites personnels) se rendent compte du boulot abattu ou du temps que tel ou tel projet requiert. Aussi, n’est-ce pas à nous de voir si possible d’accepter ou pas ledit projet? (prix, compétence, temps).

  22. pour les soucis avec les couleurs différentes sur des png et les ie ce soft (window) m’avait bien servi PngOptimizer chez http://psydk.org . mais il doit bien en exister sur les autres platformes j’imagine.

    Et pour réagir a l’article (en retard certes), avec les années qui passe a faire ce métier, il me manquerai « pragmatiques psychorigides éclairé » :-) mais peut être perfectionniste dans l’âme ou les convictions

  23. Le client ou chef de projet a l’intégrateur qu’il mérite.
    Mais lorsqu’il sait discuter/écouter son intégrateur Web et le met au coeur du projet, ce dernier devient étrangement….. trés bon.

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