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Conseil aux étudiants en quête de stage ou de premier emploi

Bosser avec moi n’est pas facile. J’en conviens. J’ai énormément de défauts. Heureusement, j’ai aussi quelques qualités. Mais tout cela, les candidats débutants qui m’écrivent, à moi, chef d’entreprise, dans l’espoir d’obtenir un stage ou un premier emploi, ils s’en moquent. Ils n’en ont rien à faire de moi, ou de mon entreprise. Et ça, quand ça saute aux yeux en découvrant une lettre de motivation générique, ça n’incite pas à embaucher qui que ce soit. Alors, à quoi bon perdre son temps à envoyer du spam des candidatures dénuées d’intérêt à des centaines, voire des milliers de recruteurs dont on n’a rien à faire ?

Voici la réponse à un candidat en quête de stage de développement web que je viens d’envoyer à l’instant :

Bonjour [prénom],

Petit Nuage ne recherche pas de stagiaire pour 2011. Aussi, je me dois de décliner votre candidature.

Je me permettrai juste une remarque. Voilà ce que vous avez écrit dans votre lettre de motivation :

« L’expérience que possède votre entreprise a suscité mon intérêt. »

Voilà ce qu’un recruteur potentiel comprend :

« Je n’en ai que faire de votre entreprise. En fait, je n’ai pas pris 5 minutes de mon temps pour connaître les particularités de votre société, car passer 30 secondes pour copier-coller de votre adresse email depuis votre site web était tout ce à quoi je peux consentir, tellement votre boîte m’intéresse peu. »

Alors je vous le concède, ma boîte, tout le monde s’en moque, à commencer par vous. Enfin presque tout le monde, car certains s’y intéressent. Ils ne sont pas nombreux et vous n’en faites manifestement pas partie. Mais dans ce cas, à quoi bon envoyer une candidature à mon entreprise et aux centaines d’autres à qui vous avez probablement envoyé la même candidature à l’identique ?

Si vous avez un enseignant dans votre cursus en rapport avec les techniques d’expression, il est urgent de le consulter.

Cordialement,
Martin Korolczuk
Gérant / Petit Nuage

Autant que je le peux, je consacre du temps à répondre aux quelques candidatures spontanées qui sont adressées à mon entreprise (qui fait du référencement naturel, parmi d’autres services fournis, si vous vous posez la question). Et j’avoue que cela est assez démoralisant. En effet, il est aussi excitant de lire des candidatures génériques essayant de flatter l’ego de leurs lecteurs que de lire du spam.

Alors j’en conviens : ma boîte d’a rien d’un Google, d’un Microsoft ou d’un Apple. Moi-même, je n’ai rien d’un Eric Schmidt, d’un Steve Ballmer ou d’un Steve Jobs. Mais puisque ma boîte et moi-même sommes si peu intéressants et motivants, à quoi bon nous faire perdre du temps à tous en envoyant une candidature spontanée ?

Enfin, si le sujet des recruteurs déçus vous intéresse, la lecture d’une Lettre ouverte d’une crevure néolibérale aux jeunes chômeurs satisfera certainement votre soif d’apprendre.

Comments

  1. Bonjour Martin,

    Je dois avouer que contrairement à toi, je ne prends même plus le temps de répondre lorsque les demandes sont visiblement complètement à côté de la plaque.

    Je donnerais pour ma par un autre conseil. Surtout d’ailleurs pour les étudiants en recherche de stages.
    La plupart des patrons de petites boites web ont tout apris sur le tas. Et oui, il y a 10 à 12 ans, les formations SEO ou développeur PHP, ça ne courait pas les rues.
    Du coup, la perception de la valeur d’un diplôme est très relative. Ce qui nous intéresse, c’est ce que vous avez fait. C’est pour nous un bon moyen de mesurer votre motivation et votre intérêt pour un Job.
    Montrez nous que vous avez monté le site qui parle de l’une de vos passions.
    Montrez nous comment vous avez propulser le site d’aquariophilie de votre beau frère dans Google.
    Montrez nous que vous ne vous contentez pas de vos cours, mais que vous bidouillez aussi pour vous en dehors.
    Ces points ont souvent bien plus d’importance que tout le reste de votre CV pour nous.

  2. @Sylvain : Tu as bien raison de le souligner. En particulier pour les chefs d’entreprises de TPE, le diplôme a une importance moindre face au travail et à l’implication personnelle démontrant la passion des étudiants, notamment par des projets personnels indépendants ou complémentaires du cursus scolaire. Je serais cependant peut-être un peu plus ouvert aux projets tutorés, et plus généralement sur les projets scolaires. Il n’y a aucune raison que ceux-ci ne puissent refléter pleinement un intérêt pour le métier pour lequel on a opté.

    Bref, le diplôme n’est certainement pas à jeter, et le marché du travail, dans les métiers de l’informatique en général, réclament de plus en plus des gens surdiplômés. Avoir un diplôme suffisant, mais en deçà des attentes d’un employeur peut donc s’avérer un facteur discriminant tout à fait regrettable qu’il est difficile de rattraper une fois sur le marché de l’emploi.

    Ceci dit, j’ai conscience que ma boîte ne séduit pas au point de susciter les passions ou des vocations. Normal, puisque je ne fais rien dans ce sens. Je veux dire : je ne fais rien, en ce moment, pour séduire les étudiants en quête de stages ou de premier emploi, pas plus que je ne recherche ou cherche à séduire des collaborateurs expérimentés. Il faudrait d’ailleurs que je fasse un effort sur ce point, à l’avenir, car on ne séduit pas les esprits les plus brillants du jour au lendemain. D’ici là, je comprends pleinement que les candidatures qui font rêver tout employeur et tout responsable d’équipe en puissance n’arriveront pas, comme ça, par magie, dans ma boîte aux lettres.

    Du coup, j’ai conscience que les candidats qui me contactent malgré l’absence quasi totale de communication sur mon entreprise et mon métier, ont déjà essayé de trouver ailleurs, en vain. En revanche, pour les quelques candidatures que je reçois, je ne peux m’empêcher de m’étonner de voir si peu d’investissement personnel exprimé dans la recherche de stage, ou de premier emploi. La capacité de production d’un jeune diplôme démotivé et celle d’un poste vacant étant sensiblement les mêmes, tout en présentant une grande différence sur le plan financier, reporter une embauche plutôt que d’embaucher le mauvais candidat est souvent préférable.

    Bref, plutôt que d’envoyer des candidatures en masse, les candidats ont vraiment intérêt à cibler leurs recherches. J’ai l’impression que les métiers de l’informatique et ceux qui gravitent autour de l’informatique recrutent. Encore faut-il montrer son intérêt pour les postes à pourvoir, et cet intérêt devrait être d’autant plus grand et motivé que la candidature est spontanée. Autrement, autant rester cloîtré chez soi à planter des légumes sur un jeu de ferme virtuelle ou un autre…

  3. Martin Christophe says:

    Bonjour,

    Même si, parfois, les employeurs et les employés peuvent finalement trouver leur compte grâce aux candidatures spontanées, ce mode de recherche est aléatoire.
    Puisqu’il existe des sites internet permettant de mettre en relation les entreprises et les futurs collaborateurs de façon rationelle, je trouve absurde que cette pratique puisse toujours exister.

    Par ailleurs, en ce qui concerne la lettre de motivation, s’il s’agit de présenter des motivations pour une entreprise qu’on ne connait que de l’extérieur, elle n’est pas fondée.
    Si par contre, elle vient préciser les compétences, les aspirations du candidat et ses motivations à travailler dans un certain type d’entreprise (taille, secteur d’activité, …), son contenu est alors générique, et trouverait davantage sa place dans une forme structurée telle que le CV.
    En conclusion, la lettre de motivation n’a pas vraiment de raison d’exister.

  4. Bonjour et merci pour l’article, moi qui suis en recherche d’emploi en ce moment, j’essayais en vain de rédiger une lettre de motivation générique à envoyer en masse aux employeurs. En vain, parce que je ne voyais pas comment adapter à tous les cas possibles mon texte.
    J’avais oublié de prendre du recul sur ma situation, et je comprends maintenant tout à fait qu’un employeur considère ce genre de candidature comme du spam.
    Pas de bol pour moi, je ne cherche pas dans l’informatique (bureau d’études en génie climatique), les entreprises n’ont donc pas toujours (rarement, en fait) de site internet… Difficile dans ce cas de réussir à argumenter pour intégrer une entreprise lorsque l’on à aucun moyen d’en apprendre plus sur elle!
    Alors: prise de contact téléphonique, démarchage sur place?

  5. @Rouxbarbe : Parfois, on parle de ces entreprises sur le Net. Mais ce n’est pas une tare de ne pas connaître l’entreprise à laquelle on postule, même si c’est un plus. Il est préférable tout de même de montrer qu’on s’y intéresse.

    La lettre-type de motivation peut être rédigée en quelques points (pas forcément dans cet ordre) : 1) qui tu es, très succinctement ; 2) pourquoi postules-tu à cette entreprise et à ce poste ; 3) pourquoi cette entreprise devrait s’intéresser à toi et te proposer un entretien ; 4) finir sur une accroche qui incite à l’entretien.

    De nombreux candidats sont convaincus qu’une candidature vise à obtenir un emploi. C’est rarement le cas, sauf emplois très peu qualifiés ou urgence à l’embauche. Une candidature a pour objectif d’obtenir un entretien d’embauche. C’est donc ainsi que la lettre de motivation doit être rédigée : donner envie à l’employeur de rencontrer le candidat dans l’éventualité de l’embaucher.

    Dans le cadre d’une recherche d’emploi, que l’on ait ou non droit aux indemnités chômage, lorsqu’on est chercheur d’emploi, on peut se faire aider par Pôle Emploi, et notamment bénéficier de formations pour améliorer sa démarche de recherche d’emploi, ou encore l’entretien. Si tu as la possibilité de te faire suivre par une agence cadres, voire par l’APEC, insiste pour en profiter.

    Personnellement, j’ai rarement eu à chercher un emploi, mais cela m’est arrivé. En faisant le tour de mon réseau personnel et professionnel, puis en ciblant des entreprises très précises, en épluchant les offres d’emploi, 100 % de mes candidatures ont débouché sur un entretien, et 50 % de ces entretiens ont débouché sur une embauche. Je ne suis certainement pas un cas représentatif, mais une démarche qualitative (au sens « cibler l’entreprise et lui donner envie de me rencontrer et de travailler avec moi ») me paraît plus pertinente qu’une démarche quantitative (qui sera toujours moins bien perçue que les quelques rares candidatures mieux préparées, qui ressortiront alors du lot).

    L’inscription sur les sites de recherche d’emploi (il y en a une bonne demi-douzaine en France), en plus de Pôle Emploi, ainsi que sur les réseaux sociaux professionnels (dont LinkedIn, Viadeo, même en versions gratuites), est un plus et permet de profiter de leurs conseils, souvent utiles, d’autant que l’on est rarement formé à la recherche d’emploi, et que les modes changent dans ce domaine assez régulièrement. Les agences d’intérim permettent aussi de trouver un emploi en CDI, bien que l’on commence souvent par un CDD, voire une véritable mission d’intérim.

    Concernant la candidature, que cela soit par email (attention aux formats demandés : DOC, DOCX, PDF, etc.), pourquoi pas doublé d’un courrier postal, puis d’une relance téléphonique dans les deux à six semaines suivantes, est une approche intéressante. Je n’ai jamais vu un candidat pénalisé pour un zèle exacerbé à vouloir intégrer une équipe, bien au contraire, alors que les candidats discrets sont oubliés.

    Enfin, pour ce qui est des informations sur les entreprises, même celles sans site Internet : Pages Jaunes, Google Adresses, Google Maps, Google Street, Societe.com, Infogreffe.fr. Ces deux derniers permettent parfois de connaître le nom du dirigeant, sa date de naissance, son réseau d’entreprises (s’il gère plusieurs sociétés), ainsi que le chiffre d’affaires, bénéfices ou pertes de l’entreprise, sa taille en termes de collaborateurs, si les comptes annuels ont été déposés (obligation légale, mais pas toujours respectée).

  6. Merci pour cette réponse complète et instructive!
    J’ai trouvé d’autres infos très intéressantes en fouinant un peu plus sur JDN, blogdumoderateur et autres sites de conseil. Sans aucune aide donnée pour la recherche d’emploi lors de ma formation de reconversion (j’ai 31 ans, j’étais developpeur avant), c’est vrai que j’ai tendance à ne plus trop savoir comment m’y prendre. Avec les infos d’aujourd’hui, ça me redonne un coup de boost et ça m’aide à être patient et plus ordonné qu’avant.

    J’ai déjà un premier entretien la semaine prochaine pour un poste, et je continue à éplucher les entreprises à contacter.

    En tout cas, je sais maintenant que hormis les réponses aux offres d’emploi pour lesquelles il faut être très réactif, rien ne sert de se précipiter pour envoyer des candidatures spontanées.
    C’est un peu bête dit comme ça, tellement ça semble évident, mais quand on plonge la tête dans la recherche d’emploi après des années en poste, on ne pense pas forcément à la relever pour avoir un aperçu de la situation et savoir quoi faire ensuite.

    Bref, merci une nouvelle fois pour ces nombreux conseils!

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