Un tchat à base de WordPress

Chat noir

WordPress est un CMS permettant de publier des blogs. Cet outil open source étant basé sur b2 dont les premières lignes de code remontent à 2001, il comporte une compilation de savoir-faire plutôt impressionnante. Certains estiment même la valeur du code source de WordPress à 1 million de dollars ! Etant sur le point de monter une société de services informatiques spécialisée dans les applications web et multimédia, j’étudie donc avec intérêt les applications possibles de cette technologie. Plus précisément, la question qui me trottait dans la tête depuis quelque temps était de savoir si WordPress n’était qu’un outil de blogging, ou bien s’il pouvait avoir d’autres applications. En d’autres termes, peut-on faire de WordPress un tchat ?

En réalité, il ne m’aura pas fallu longtemps pour répondre à cette question : trois heures à peine après m’être assis à mon bureau pour vérifier la faisabilité d’un tchat à partir de WordPress, un tchat était prêt et pleinement fonctionnel ! Depuis près d’une semaine, ce mini-tchat ou cette shoutbox à base de WordPress figurent fièrement dans la marge de l’un de mes blogs les plus populaires. Le tchat supporte actuellement une cadance d’environ quatre à cinq mille visites et cinquante à cent mille hits sur le serveur web (source : étude interne de logs Apache via Webalyzer), ainsi que cent à deux cents messages publiés, pour une utilisation CPU de 10 % environ (source : étude interne à base de MRTG) sur un serveur dédié à base de P4 cadancé à 3 GHz et doté de 1 Go de mémoire vive.

Exemple d’intégration de la shoutbox WordPress

D’un point de vue technique, ce tchat à base de WordPress est un simple blog où les intervenants publient des commentaires sur un article donné. Un habillage spécifique fournit un code AJAX approprié (simpliste, mais fonctionnel, bien que pas du tout optimisé) permettant le chargement constant de nouvelles conversations, tandis qu’un certain nombre de plugins WordPress génériques, ou bien encore spécifiquement développés pour ce tchat, gèrent l’historique, les statistiques, ainsi que d’autres fonctionnalités plus ou moins basiques.

Certes, l’utilisation de WordPress pour en faire une technologie de tchat, c’est un peu comme utiliser un bazooka pour tuer un moustique : la technologie propose une pléthore de fonctionnalités qu’un tchat sous-exploite totalement. Cependant, un avantage indéniable est que justement, puisque des possibilités d’extension bon marché existent, que ce soit sous la forme du code principal de WordPress ou de thèmes et de plugins additionnels, on peut imaginer d’implémenter rapidement des fonctionnalités tout à fait nouvelles que les autres tchats n’implémentent pas, du fait de coûts importants des développements associés.

Néanmoins, si la création d’un bot, à savoir une entité de tchat gérée automatiquement, se fait en une heure à peine, l’implémentation d’autres fonctionnalités spécifiques au tchat devient plus problématique. Par exemple, le filtrage des utilisateurs (de sorte qu’un utilisateur A puisse ignorer l’utilisateur B, mais que l’utilisateur C participant à la conversation puisse voir les messages de A et de B) est un développement plus conséquent.

Pour ne pas m’éparpiller, je m’intéresse en premier lieu aux fonctionnalités d’une shoutbox basique, à savoir un mini-tchat intégré à la page web d’un site. Par la suite, on peut imaginer des tchats à part entière pour, pourquoi pas, passer à une version WordPress Mu de la technologie et d’offrir un service de tchat où tout le monde pourrait aisément créer le sien et l’intégrer ou non à son propre site.

D’un point de vue commercial, le modèle économique lié aux logiciels open source est que le logiciel est gratuit, et c’est le service autour de ce logiciel qui génère du revenu. La diffusion du code source n’est donc en rien un problème et sert essentiellement d’outil marketing, voire même permet d’attirer une clientèle désireuse de support technique dédié. De plus, la location de tchats infogérés, d’habillages, avatars, bots ou autres agents conversationnels aux utilisateurs, ou encore la location d’espaces publicitaires, contextuels ou non, interactifs ou passifs, aux annonceurs sont des sources de revenus tout à fait envisageables.

Et maintenant que la faisabilité technique d’un tchat à base de WordPress est démontrée, quelle est la prochaine étape ? Un forum ? Un comparateur de prix ? Un site de rencontres ? Une boutique en ligne ? J’ai comme l’impression qu’avec WordPress, les idées sont le principal facteur limitatif, car si la technologie de base n’est pas optimale pour toutes ces applications, elle permet un gain de temps non négligeable. Dans un cadre économique où le coût d’une journée de développeur informatique représente un mois de location d’un serveur web dédié milieu de gamme, et que la concurrence en matière de développements web est importante, réduire les coûts de recherche et développement pour augmenter les coûts de production peut être une solution à moyen terme tout à fait viable, quitte à consacrer un budget additionnel pour la réduction de ces coûts de production lorsque les services ainsi développés auront démontré leur viabilité économique.