Une araignée au plafond

Les aventures d'un apprenti webmaster



Quand Internet va-t-il relier notre estomac à notre boulanger ?

Internet se développe depuis trente ans. De nombreux services se mettent en place et le web est devenu une très grande gallerie marchande. Il n’empêche que nous continuons à aller acheter nos croissants à la boulangerie. Et si le boulanger nous envoyait un SMS pour nous prévenir de la sortie d’une nouvelle fournée de pain chaud ? Et si nous réservions notre coiffeur via un agenda électronique partager avec notre salon de coiffure préféré ? Et si notre garagiste recevait un email lorsque notre voiture décèle une possible panne à venir ? Quand est-ce que tout cela deviendra réalité ?

Restauration saine et rapide ?Alors que bon nombre considère désormais Internet comme un quotidien acquis, ce n’est toujours pas le cas. Concrètement, alors qu’Internet n’a jamais été aussi bon marché qu’aujourd’hui et que la qualité et la quantité des services augmente chaque jour, alors que dans certaines entreprises, il devient plus naturel même de solliciter son voisin de bureau par messagerie instantanée que d’ouvrir la bouche, on ne réserve toujours pas le sandwich de la pause déjeuner à la boulangerie du quartier par un clic sur son site web, par l’envoi d’un SMS, ou encore par le simple fait de s’en rapprocher, le téléphone portable en poche. Il y a bien des abonnements de chaussettes, de dentifrices ou de t-shirts sur Internet, alors pourquoi diable ma boulangerie ne me propose pas de choisir mon abonnement déjeuner sur son site web ? N’y a-t-il pas comme une distinction entre Internet d’un côté, et le monde physique de l’autre ? N’y manque-t-il pas comme un lien ?

Remarquez, ce lien tend à se construire. Ainsi, la Fnac propose de réserver un article dans un magasin à proximité. Vous cliquez pour réserver, il est mis de côté pour vous dans le magasin de votre choix. Au lieu de vous le faire livrer, vous allez le chercher. De nombreuses boutiques d’habillement proposent de s’abonner à leurs lettres d’informations en laissant son adresse email ou son numéro de téléphone à la caisse. Ainsi, les clients habituels reçoivent des invitations aux avant-soldes par courrier électronique ou par SMS, ou encore les ventes privées et j’en passe. Encore fallait-il y penser. Mais la boulangerie ?

Et c’est la question que je me pose : mon réseau professionnel n’inclus aucun responsable d’aucune chaîne de boulangeries, ni même de boutique de priximité. Or, tous ces commerçants ont tout à gagner à non seulement disposer d’un bête site vitrine sur Internet qui présente leur activité, donne leurs coordonnées et leurs horaires d’ouvertures, aussi à proposer un véritable service à valeur ajoutée. Imaginez une alerte par email ou SMS de la part de votre boulangerie de quartier : « La prochaine fournée de pain chaud sera prête dans 30 minutes ».

Combien de temps faudra-t-il, selon vous, pour que tous les réseaux s’interconnectent, de sorte que la cafetière se mette en marche au moment où vous entrez sous la douche, et que le boulanger mette de côté votre croissant au moment où vous fermez la porte de chez vous ? Car les technologies de ce type existent, encore faut-il les faire communiquer ensemble, et former clients et fournisseurs pour en tirer profit…

Crédit photo : Fleur Suijten


Réactions des lecteurs

Il y a 3 réactions pour l'article Quand Internet va-t-il relier notre estomac à notre boulanger ?.

Proxilog a écrit le 6 juillet 2008 :

Sur le terrain, mon boulanger est utilisateur d’Internet, mais ne voit pas comment l’utiliser pour ‘porter son offre’ de pain frais à ses clients.

Le frein est autant technique que culturel : il pense sa boulangerie comme étant un lieu physique, sans la ‘marketer’ même en média traditionnel (je n’ai pas vu dans ma PQR de pub pour sa boulangerie…)

Mais l’idée est excellente, que ce soit pour mon boulanger ou d’autres commerçants traditionnels…


Capitain Flamme a écrit le 20 juillet 2008 :

@Proxilog :

Excellente analyse ! On ne pense pas au boulanger comme un « magasin » vendant des « trucs quelconques » sur lesquels appliquer des « recettes marketing » (quand bien même pré-formatées) telle que le « emailing » ou le « marketing direct par sms » !

C’est le revers de la médaille de la relation privilégié que l’on a avec son boulanger du coin (et autre commerces traditionnels, comme le précise Proxilog), qui n’est pas un vendeur Lambda d’une chaine de magasin standardisée Alpha…
Mais la dîte chaine Alpha a les moyens de se payer un service marketing …qui trouve de nouveaux moyens pour développer ses marchés !

Serait ce d’ailleurs rentable pour le boulanger du coin de payer un informaticien (plus ou moins à plein temps) pour gérer les SMS, abonnement internet, flux RSS et autres mises à jour, tout ca pour vendre ses baguettes ?

Il faudrait éventuellement qu’il mutualise les moyens avec les commerces d’à côté… Mais le fleuriste ou le coiffeur du coin n’ont cure d’informer en temps réel l’arrivée de nouvelles roses ou de nouveaux shampoing… Pauvre boulanger ! En plus d’un informaticien, il lui faut maintenant une secrétaire, et un as du marketing / lobbying pour convaincre ses (potentiels) partenaires du (potentiel) intérêt de l’alliance (contre nature ?) de la rose, la baguette et l’après shampoing.
:-)

Le chemin est à mon avis encore long… et passera par une (encore plus large) démocratisation des technologies et transferts de flux d’information.


Lorsqu’il sera aussi simple de demander le 22, à Asnières, que l’heure de la prochaine fournée par liaison WiMax sur son téléphone 5G++, et que ce ne seront plus que des sketchs à regarder en LD (LowDéfinition) sur nos téléviseurs SHD (SuperHighDefinition), alors tu seras un geek, mon fils.


Martin a écrit le 21 juillet 2008 :

Il existe de nombreuses chaînes de boulangeries en France, Capitain Flamme, dont Paul et La brioche dorée, pour n’en citer que deux. Il existe aussi d’innombrables chaînes de coiffeurs franchisés, tout comme d’autres boutiques généralistes ou spécialisées qui gagneraient à communiquer directement avec le client lorsque celui-ci n’est pas présent dans le magasin.

C’est aussi aux grands groupes SSII de proposer des solutions clés en main aux boutiques de ce genre qui ne peuvent investir dans la R&D autre que de leur métier d’origine (comme rechercher une nouvelle recette de pain pour un boulanger), mais gagneraient à utiliser des outils de communication actuels sans que l’on puisse qualifier cela de marketing, mais tout simplement de commerce.


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