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Candidature pour un poste de référenceur

Vous l’ignorez certainement, chers lecteurs, mais j’ai créé ma propre boîte, Petit Nuage. Il s’agit d’une agence web que j’oriente de plus en plus vers du référencement naturel. Vous l’ignorez, mais ce n’est pas bien grave. Ce serait plus grave, en revanche, si vous m’aviez envoyé votre candidature spontanée au poste de référenceur, par exemple. La candidature spontanée à la con du jour :

Madame, Monsieur,

Passionné par la communication web, je me permets de vous adresser ma candidature pour un poste de référenceur web.

En effet, votre entreprise a attiré mon attention, de par sa notoriété et de la qualité de ses services proposés.

Je serai chargé d’un positionnement optimal de votre site sur Internet et de vous ramener rapidement un maximum de clients potentiels. Webmaster, anglophone et spécialiste dans le webmarketing, j’ai pendant 4 ans développé un ensemble de services en ligne.

Les opérations d’optimisation sur lesquelles j’ai été amené à travailler m’ont permis de développer une autonomie, un esprit de rigueur et surtout d’y apporter une réelle visibilité à court et moyen terme sur Internet.

Souhaitant vivement vous rencontrer pour vous exposer plus amplement mon expérience et mes motivations, je me tiens à votre disposition et vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

Plusieurs défauts à cette candidature générique. L’un des plus flagrants : il m’a contacté non pas via le site de Petit Nuage, mais via un MFA, l’adresse email étant manifestement automatiquement aspirée via un outil de spam quelconque, le message lui-même générique au point que son expéditeur n’a même pas pris la peine d’insérer le nom de mon entreprise, par exemple. Je serais particulièrement étonné qu’il ait consacré plus de 15 secondes à sa candidature auprès de Petit Nuage, dont il ignore jusqu’à l’existence. C’est vous dire l’intérêt qu’il porte à ma boîte, ou encore la rigueur de sa démarche de webmarketeux chevronné.

Pour autant, même si Petit Nuage ne recrute pas actuellement, même si le curriculum vitæ du candidat ne le met pas en valeur, même si sa lettre de motivation est des plus démotivantes et même si le candidat use des pratiques qui représentent l’antithèse de ce que je mets en œuvre au quotidien, j’ai tenu à lui répondre :

Bonjour [Prénom],

Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à Petit Nuage. Cependant, ma société ne recrute pas actuellement. Aussi, je me dois de décliner votre candidature.

Par ailleurs, puisque vous avez pris 15 secondes de votre temps pour m’envoyer un email aspiré sur des milliers de sites web, je me sens redevable de quelques conseils. Sans fausse modestie de ma part, je pense avoir conscience que cette phrase tirée de votre candidature ne représente en rien la réalité :

En effet, votre entreprise a attiré mon attention, de par sa notoriété et de la qualité de ses services proposés.

Car vous n’en savez strictement rien. C’est même tout le contraire. La notoriété de Petit Nuage est inexistante. Et pour cause. En tant que référenceur, je considère que la discrétion se doit d’être de rigueur. J’ai peut-être tort sur ce point. Mais là n’est pas le propos. Ce que je veux dire, c’est qu’une relation qui débute par un mensonge, même s’il se veut flatteur, ne me semble pas être la meilleure démarche. Certes, je peux me tromper là aussi. Je me trompe souvent, d’ailleurs.

Pour résumer, votre démarche de référenceur semble être de :

  • utiliser des méthodes de spam pour entrer en contact (aspiration d’emails sur le web) ;
  • mentir dans l’espoir de capter l’attention des naïfs (dont moi-même, manifestement, qui me fais avoir en vous répondant).

Wow.

Bonne continuation,
[Signature]

D’habitude, les candidats se plaignent de ne pas recevoir de réponse suite à leurs candidatures. D’autres vont finir par les redouter.

Sérieusement, qui aimerait rencontrer un tel candidat ?

Comments

  1. Pas mal le coup de la notoriété de ta boite alors que tu dis toi même qu’elle ne l’est pas… En plus en provenance d’un MFA… Je ne savais pas que certains cherchaient des postes en spammant ainsi. Ne serait-ce pas plutôt une sorte d’offre de sous-traitance déguisée ?

    Etrange en tout cas et surement peut prolifique…

  2. Reste que le candidat est capable de mettre en oeuvre ce système automatisé et démontre ainsi ses connaissances techniques, ce qui peut en faire une « force, non ?

  3. @Ljee : Il est tout à fait possible qu’il s’agisse d’une proposition de sous-traitance, en effet, mais… le candidat a passé encore moins de temps à préparer son CV que sa lettre de motivation. Celui-ci met donc très peu en valeur son parcours professionnel, au point que j’hésiterais à l’embaucher même si je cherchais un collaborateur et même si cela avait été l’unique candidature reçue dans l’année. Je préfère ne pas m’étendre dessus, cependant : qu’il reste anonyme. Je ne suis pas là pour faire une vendetta contre un individu. Nous faisons tous des erreurs, mais celle-ci est juste… caricaturale. En revanche, j’ai la naïveté de croire que ce témoignage de chef d’entreprise serve de leçon à ceux qui espèrent obtenir un entretien d’embauche grâce au spam : ce n’est pas possible, bien au contraire.

    @julie : Oui, « le candidat est capable de mettre en oeuvre ce système automatisé », mais cela démontre surtout qu’il sait utiliser un moteur de recherche, installer un logiciel de spam et enfin l’utiliser dans sa version la plus basique, sans l’ombre de la moindre configuration. En somme, c’est à la portée de n’importe qui, de n’importe quel stagiaire inconscient de ses actes. Et indigne d’un référenceur expérimenté qu’il se présente.

    Note que je n’ai rien contre des logiciels de référencement, y compris pour aspirer des emails. Mais une fois les emails aspirés, donc une base de données de contacts constituée, il faut faire une passe d’analyse, d’extraction manuelle des données. Ici, le candidat joue son avenir professionnel et n’y attache manifestement aucune importance. Il risque pourtant son adresse email associée à du spam, et donc devenir rapidement dans l’impossibilité de joindre les recruteurs. Dans le cadre d’un référencement, contacter les webmasters tiers de la sorte, par un envoi massif, non personnalisé, sans savoir à qui l’on s’adresse produit toujours les mêmes effets : l’email de l’expéditeur est rapidement bloquée par la plupart des services mail de la planète.

    Non, vraiment, tout ce que ce candidat démontre, c’est son incompétence, et plutôt que d’être une force, il risque surtout de nuire à une stratégie de référencement. Bref, il est dangereux. Très dangereux, même.

  4. Belle réponse ^^. Mais pourquoi parlez vous world of warcraft en fin de mail… Désolé pour la blagounette de mauvais goût… Mais honnêtement à part la personnalisation de la lettre de motivation j’ai toujours trouvé cet exercice sans intérêt car on peux mentir comme on le souhaite et connaitre les problématiques interne de l’entreprise pour se rendre indispensable au travers d’une lettre de motivation est assez difficile à réaliser à moins de bénéficier d’une notoriété justement… Alors comment faire pour postuler ou attirer l’attention de petit nuage ?

  5. @Blog PS3 : Que montre une lettre de motivation : entre autres choses, la motivation du candidat. En fait, une lettre de motivation est un exercice de style assez particulier que tout le monde ne maîtrise pas forcément bien. Pour autant, l’exercice n’est pas très compliqué, une fois que l’on a compris de quoi il s’agit (et par compris, j’entends appris, que cet apprentissage se fasse à l’école — et la plupart des écoles incluent des cours de communication qui apprennent notamment cet exercice de la candidature — ou par ailleurs). Personne, je pense, ne s’attend à ce qu’un candidat ait une lettre ou un CV irréprochables. C’est nécessairement une forme de communication rare, et donc rarement maîtrisée par les candidats, à moins qu’ils postulent pour un métier lié directement aux ressources humaines.

    Faut-il « connaitre les problématiques interne de l’entreprise pour se rendre indispensable au travers d’une lettre de motivation » ? Non, certainement pas ! Certes, cela serait utile, et permettrait de se distinguer de la masse de candidatures qui n’y font rien (ce n’est pas le première ou la dernière candidature spontanée que je reçois, alors que mon entreprise est méconnue et que… aucun recrutement n’est en cours, alors je n’ose imaginer les entreprises leaders de ce marché et de la masse de lettres de candidature qu’elles reçoivent). Mais non, ce n’est pas indispensable.

    Certes, pour un professionnel d’Internet, l’information est aisément accessible. À partir du nom de l’entreprise, on peut déterminer sa date de création, parfois son chiffre d’affaires et sa taille. Le nom et la date de naissance du ou des gérants d’une SARL sont eux aussi publics. On peut même scruter les réseaux sociaux en quête de contacts, afin d’estimer la taille ou le détail de l’équipe qui y bosse. On peut, à partir du métier de cette entreprise, et du poste que l’on convoite, affiner sa candidature. On peut le faire, sans avoir aucun accès « interne », au prix d’un effort de quoi… une heure ?

    Pour autant, est-ce indispensable ? J’ai pleinement conscience que mon entreprise est méconnue. Et je ne blâme personne de ne pas la connaître. Comme je l’explique plus haut, j’ai fait le choix d’une communication limitée. Du coup, si les informations sur l’entreprise sont publiques, leur accès aisé, elles restent assez éparpillées et leur compilation prend un temps non négligeable. Et certainement inutile.

    Mais ce candidat n’a fait aucun effort pour me contacter. De par sa lettre de motivation, il a démontré son total désintérêt pour mon entreprise. Mais plutôt que de l’accepter, il a tenté, très maladroitement, de maquiller sa méconnaissance, ce qui a le don de m’agacer. Je ne pense pas que l’on ait besoin de mentir pour s’introduire. Je pense au contraire que c’est l’une des pires choses à faire.

    Pour autant, il n’a pas menti à défaut d’avoir trouvé des informations. Sa démarche est toute autre. Il ne fait aucune recherche. Il préfère confier le travail de prise de contact à un outil de spam. À savoir un type d’outil dont tout le monde se plaint au quotidien, lui même y compris j’en suis sûr. Plus gênant encore, en tant que professionnel d’Internet, il doit comprendre la problématique du spam et donc comprendre que cette voie est la mauvaise. Il démontre ainsi sa méconnaissance de l’industrie qui le fait vivre depuis des années. Soit.

    Si encore il avait pris la peine de passer une ou deux heures à faire le tour de cet outil de spam, pour le configurer afin d’insérer un nom ou un prénom, ou ne serait-ce que le nom de l’entreprise… Mais il a choisi de ne pas le faire. L’outil ne le permet pas ? C’est donc un mauvais choix d’outil ! Si encore, une fois les adresses email aspirées, il avait passé deux minutes à visiter le site avant envoi… non plus. Il envoie sa lettre à des milliers, voire des millions de contacts à qui il dit, en somme :

    C’est à toi de faire l’effort de me contacter en consacrant 5 minutes de ton temps, car moi, aucune chance que je m’intéresse à toi plus de 15 secondes.

    Qui diable va-t-il inviter ce candidat à un entretien d’embauche ? Hein ? Qui ?

    Actuellement, Petit Nuage n’embauche pas. Et aucune embauche n’est prévue pour 2011. Aussi, je ne fais perdre du temps à personne en prétendant le contraire. En revanche, je me fais un devoir de répondre aux candidatures que je reçois. J’en ai peut-être reçues que je n’ai pas lues, surtout celles qui sont envoyées en masse, et très rapidement bloquées par le filtre anti-spam. Mais j’essaye de répondre, quitte à mettre en évidence des critiques.

    Dans une vie précédente, dans une précédente entreprise, je n’ai recruté que des individus de mon réseau professionnel existant, à savoir des gens avec qui j’ai déjà bossé auparavant. Pour autant, lorsque j’ai reçu une candidature digne d’intérêt, et que, dans mon réseau, je savais qu’un confrère, un fournisseur, ou un client recherchaient un tel profil, je mettais en relation le candidat avec l’entreprise, suggérant aux deux d’envisager une collaboration, ou tout du moins un entretien.

    « Alors comment faire pour postuler ou attirer l’attention de petit nuage ? » Être clair, honnête, et témoigner d’une passion, ou à défaut d’un intérêt pour le métier, d’une part, et pour le poste, d’autre part. Je ne dis pas qu’il faille être expérimenté, ni même compétent. Car une candidature de débutant peut aussi attirer mon attention, et je considère par définition les débutants comme incompétents. Heureusement, la compétence s’acquiert avec l’expérience, la passion aidant. Adapter sa lettre de motivation et son CV pour correspondre à un poste en vue est évidemment un point positif. Par après, à l’entretien, s’il devait y en avoir un, il faut, outre les vérifications d’usage, me donner envie de bosser avec le candidat, et, côté candidat, s’assurer qu’il veuille bosser avec moi. Car mine de rien, lorsqu’un recrutement doit se concrétiser par une embauche, il faut s’assurer que le nouvel arrivant s’intègre dans l’équipe, et ce durant toute la journée, jour après jour, des mois, voire des années durant.

    Les écoles et le Pôle emploi apprennent certaines techniques aux candidats à l’embauche. Il ne faut pas hésiter à s’appuyer dessus. Aux recruteurs de comprendre aussi que c’est un exercice difficile, rarement très bien maîtrisé et ne reflétant que peu les compétences du candidat au poste auquel il postule.

    Mais quand la candidature démontre l’incompétence du candidat et sa parfaite inadéquation avec la culture d’entreprise à laquelle il postule, et lorsque le candidat, malgré sa candidature spontanée, ignore jusqu’au nom de la boîte qu’il contacte, je doute qu’il trouve du boulot où que ce soit. Pire que cela : il ne fait que griller ses futures chances dans chacune des boîtes démarchées ainsi.

  6. sympa ta réponse martin, j’en reçois aussi de temps en temps des candidatures rigolos. Perso je me donne pas la peine d’y répondre. J’aime toujours autant ta prose… ++ bon courage…

  7. Martin,
    J’ai effectivement tout de suite compris pourquoi cette candidature est mauvaise quand le candidat a parlé de… « votre notoriété ». Je peux même percevoir le sourire esquissé face à une telle « blague » de votre point de vue. Simplement, et même s’il existe un contre-exemple à tout (comme celui-ci), sur le marché du travail, les plus apathiques sont certainement de loin les recruteurs de par la jouissance qu’ils tirent de leur condescendance. C’est certainement pour cela que vous ne voulez pas de patron (ce que je respecte éperdument) mais je ne pense pas que vous auriez envoyé un tel e-mail à un supérieur même s’il le mérite certainement plus qu’un candidat ne savant plus ou donner de la tête. Hormis cela, bon courage dans vos affaires.

  8. @Malac : Il est clair que nous ne nous connaissons pas.

    C’est certainement pour cela que vous ne voulez pas de patron (ce que je respecte éperdument) mais je ne pense pas que vous auriez envoyé un tel e-mail à un supérieur même s’il le mérite certainement plus qu’un candidat ne savant plus ou donner de la tête.

    En fait, face aux mêmes pratiques, j’envoie ce genre de réponses au quotidien, sans discernement. Je ne considère pas mes patrons ou mes clients comme des êtres supérieurs, mais mes égaux, tout comme le candidat qui m’envoie une telle lettre. À ceci près que je mets manifestement plus de zèle à répondre à un candidat que lui ne me témoigne de respect en usant de méthodes de spam pour solliciter un entretien dans le cadre d’une embauche. Heureusement, les candidatures à base de spam sont exceptionnelles.

    Par ailleurs, je n’ai pas souvenir d’avoir déclaré une seule fois ne pas vouloir de patron. Un chef d’entreprise est peut-être un patron, mais il n’en a pas moins de comptes à rendre à tout plein de gens. Aux associés ou actionnaires, par exemple, ou encore à ses collaborateurs (ce qui ne correspond pas à mon cas actuel, mais ça m’a concerné à maintes reprises précédemment), sans oublier, évidemment, ses clients et même ses fournisseurs et partenaires.

    J’en profite pour noter qu’un « patron » est de fait un leader, et en conséquence suscite des réactions, positives ou négatives, sur quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, et ce même s’il ne fait rien, ou s’il ne dit rien.

    Par exemple, j’ai publié ici ma réaction à une candidature spontanée risible, qui utilise des méthodes de communication inacceptables. Si ce candidat use et abuse de spam pour une démarche aussi importante qu’une recherche d’emploi, quelle sera sa démarche vis-à-vis d’un client en référencement ? C’est ainsi qu’il va le représenter pour acquérir des liens vers son site ? Je ne me suis juste permis de critiquer la démarche du candidat, démarche qui n’a rien de professionnel. Vous en concluez des traits — négatifs — de ma personnalité. Voici qui ne semble pas très constructif. Vous auriez pu, par exemple, mettre en doute la pertinence de ma méthode et de m’encourager à faire mieux à l’avenir. Vous auriez pu m’expliquer la difficulté à trouver un emploi, en période de crise, ou encore me rappeler que toutes les filières ne dispensent pas de cours de recherche d’emploi, cette discipline réclamant un savoir-faire assez particulier, s’appuie sur des méthodes non explicites, suit des modes imprévisibles et mal connues. Vous auriez pu m’inviter à conseiller le candidat sur les bonnes pratiques, en partageant quelques astuces, ce qu’un recruteur pourrait rechercher avant tout. Mais vous avez choisi de ne pas le faire.

    Alors que je me suis permis de critiquer une démarche pas du tout professionnelle d’un candidat dans un cadre tout à fait professionnel, et connexe à son métier qui consiste à tisser des liens, vous avez opté pour une approche différente : spéculer sur ma personnalité, m’attaquer personnellement, et même m’insulter, donc. Car me balancer que je suis un patron apathique plein de condolescence, c’est bien une forme se voulant intelligente de m’insulter, n’est-ce pas ? Soit. Je suis patron. J’assume. Je reçois ou envoie plusieurs centaines de messages chaque jour, la plupart étant des messages de collaboration et d’entraide. Juger de ma personnalité et de mes motivations, m’insulter, sur la base d’un article qui exprime une exaspération liée au spam paraît… étonnant.

    Quant à mes affaires, je vous rassure tout de suite : ma personnalité de chieur n’a que peu d’influence quant à leur devenir, et ce malgré mes supposées « apathie » et « condolescence ».

  9. Moi ce qui m’éclate c’est cette phrase : « Je serai chargé d’un positionnement optimal de votre site sur Internet et de vous ramener rapidement un maximum de clients potentiels. »

    Il postule dans une agence qui référence les autres sites pas forcément celui de l’entreprise elle même !

    Si le spam est utilisé pour de la recherche d’emploi… Ca commence à devenir inquiétant, très inquiétant.

    Bonne fin de journée,
    Christophe

  10. Je ne suis pas d’accord avec ton post, pour une raison simple : je forme des cohortes d’ingénieurs qui doivent trouver un boulot à la sortie. Et il faut le dire, certains sont tellement mal à l’aise et désespéré dans la recherche d’emploi qu’ils enverront ce type de mail même en y passant 15 minutes. En tant que responsable de formation, je reçois des mails de mes étudiants de 5eme année qui commencent par « Salut ! », qui sont écrits en SMS et signés « grosnounours89″, alors je ne suis pas surpris. Par ailleurs, mets toi à la place d’un jeune, qui n’a rien pour vivre, pas de boulot, qui cherche depuis 6 mois et qui est refusé partout, et bien moi cela ne me choque pas qu’il soit prêt à tout. Envoyer 1000 mails ? pourquoi pas si à la fin il a la moindre touche, les chances sont infimes, mais c’est comme celui qui joue au loto, il y croit…

    Je connais aussi l’autre coté de la barrière, pour avoir été moi aussi entrepreneur, et j’ai reçu des mails comme cela, alors que je n’avais pas de site web et que mon existence était plus que discrète. Ce qui est fatiguant c’est plus la quantité que chaque mail en lui même, on voit que le marché de l’emploi est devenu très difficile, et chaque jour qui passe je suis plus qu’heureux d’avoir toujours trouvé du travail facilement.

    Au final, soyons honnête, ce qui manque c’est un vrai accompagnement des jeunes dans la recherche de leur premier emploi, ce qui éviterai ce genre de message.

  11. @sylvain : Que le marché de l’emploi soit difficile, je le comprends. Plutôt que de devenir difficile, je pense plutôt qu’il fluctue, devenant plus ou moins facile selon les besoins du marché du moment, sans qu’il ne soit aisé de les anticiper. Quand on est jeune diplômé, cette recherche est d’autant plus difficile qu’on est sans doute peu accompagné, il est vrai, comme tu le remarques. Nous sommes d’accord, du moins sur les grandes lignes.

    Toutefois, il y a une grande différence entre la loterie et la recherche d’emploi. En jouant les mêmes numéros à la loterie, en jouant des numéros en masse, sans aucune réfléxion, en optant pour le hasard, bref, quelle que soit la méthode de jeu, les chances de gagner la fois suivante restent préservées, intactes. Qu’un joueur utilise les mêmes numéros à chaque tirage n’y changera rien, et peu importe le nombre de fois où ces numéros ont gagné ou perdu dans le passé. Le hasard n’a pas de mémoire. En revanche, les recruteurs, eux, en ont une. Ils conservent les candidatures. Ils les archivent, et les consultent selon les besoins. En postulant n’importe comment à une myriade de postes, on laisse des traces, une mauvaise image. On réduit ses chances de convaincre à l’avenir. Qui plus est, on augmente immanquablement les chances de mécontenter les recruteurs et voir que l’un d’entre eux en parle sur son blog, un forum, facebook, twitter, Viadeo ou LinkedIn, pour ne citer que quelques unes des possibilités les plus évidentes.

    Si mon message d’exaspération devait servir à une chose, j’aimerais que ce soit pour convaincre ne serait-ce qu’un chercheur d’emploi de ne pas mettre en danger sa réputation en faisant des actes désespérés qui n’auront aucune chance d’aboutir à autre chose que des refus en masse et une mauvaise image de ses capacités de communication.

  12. Je pense qu’il faut savoir lâcher un peu des fois…

    Il n’y a rien de grave, il postule, il postule mal ou pas comme vous le voudriez… Mais il n’y a pas de fumée sans feu !

    Les employeurs sont les premiers à ne pas respecter leurs employés.
    Les premiers à jeter les candidatures sans même y répondre.

    Alors oui les gens postulent en masse parce que sur 100 lettres envoyées, seulement une dizaine de recruteurs répondra…

    Et alors quoi ? Il faudrait faire une lettre bien spécifique pour chacun, rédigée à sa petite attention, pour flatter son ego et lui faire ressentir que « son bébé » (c’est comme ça qu’on appelle son entreprise non ?) est un peu le nôtre et qu’on en prendra grand soin ?

    Le travail, tel que nous le vivons aujourd’hui, n’est rien d’autre que l’esclavagisme de l’Homme par l’Homme.
    Le coeur de l’échange n’est plus l’humain, il s’agit de faire gagner 2$ à celui qui hier a investi 1$

    Comment s’étonner que le marché de l’emploi soit si morbide et mortifère ?

    Si l’humain était replacé au centre des échanges les choses iraient bien mieux !

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